Tchad : Polémique sur le rejet de candidatures du MPS aux élections de décembre

Tchad : Polémique sur le rejet de candidatures du MPS aux élections de décembre

Des candidatures controversées rejetées par l’ANGE

L’Agence Nationale des Élections (ANGE) a rejeté plusieurs candidatures du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), ancien parti au pouvoir au Tchad, pour les élections législatives, provinciales et municipales prévues le 29 décembre 2024. Parmi les candidatures invalidées figure celle de Mahamat Zen Bada, secrétaire général du MPS. Cette décision suscite un vif débat au sein du paysage politique tchadien.

Selon l’ANGE, certaines candidatures ne respecteraient pas les critères requis, notamment concernant des condamnations antérieures. Cette mesure a été saluée par certains acteurs comme un pas vers une gestion plus transparente des institutions électorales.

Réactions divergentes dans la sphère politique et civile

Un acte courageux pour certains

Pour Manga Jean Bosco, juriste et écrivain tchadien, cette décision est un signal fort :

« C’est une décision courageuse qui servira de leçon. Si cela pouvait être appliqué à toutes les institutions, le Tchad s’en sortirait mieux. »
Il considère que des figures ayant commis des abus économiques ne devraient pas occuper des postes de responsabilité.

De son côté, Rassou Gagué, activiste, estime qu’un toilettage en profondeur est nécessaire dans toute l’administration :

« Les criminels économiques doivent être dénichés. Pourquoi certains purgent leurs peines pendant que d’autres jouissent d’une impunité totale ? »

Des critiques sur l’impartialité de l’ANGE

Le Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), par la voix de son porte-parole Max Kemkoï, a exprimé des doutes sur la neutralité de l’ANGE :

« Rejeter sous instruction les candidatures de quelques condamnés ne prouve pas l’impartialité de l’ANGE. Si le dirigeant du MPS est un condamné, il ne devrait pas pouvoir signer des actes administratifs pour ces élections. »

Kemkoï plaide pour l’annulation complète de ces élections et prône le boycott actif du processus, soulignant le besoin d’un consensus politique dans un contexte de crise sociopolitique et économique.

Défense des décisions du MPS

Pour Manga Jean Bosco, les décisions signées par Mahamat Zen Bada restent valables, car les textes du MPS n’interdisent pas à un condamné de diriger le parti ou de signer des actes :

« Le MPS est une association politique. Les textes ne prévoient pas d’incompatibilité de ce type. Les actes pris par Zen Bada demeurent valides jusqu’à preuve du contraire. »

Un débat révélateur des tensions politiques

Cette polémique autour du rejet des candidatures met en lumière les défis de transparence et de légitimité auxquels fait face le processus électoral tchadien. Alors que certains voient dans cette décision une avancée, d’autres critiquent son opportunisme et son manque d’impartialité.

Conclusion : un processus électoral sous pression

Le rejet des candidatures du MPS pour les élections de décembre reflète les tensions entre volonté de réforme et accusations d’arbitraire dans un contexte politique déjà fragile. Alors que des appels au consensus et au respect des institutions se multiplient, le succès des élections dépendra de la capacité des acteurs politiques à garantir un processus équitable, inclusif et transparent pour restaurer la confiance des citoyens..

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