Plus de 500 radios locales d’Afrique de l’Ouest lancent un appel à la protection des journalistes au Sahel
À Bamako, plus de 500 radios locales d’Afrique de l’Ouest ont lancé mardi un appel urgent pour la protection des journalistes opérant dans la région du Sahel, où les conditions de travail sont marquées par la violence, les assassinats et les enlèvements. Cette initiative, soutenue par Reporters sans frontières (RSF), met en lumière les risques croissants auxquels sont exposés les professionnels de l’information dans cette zone instable.
Un appel pour éviter un « trou noir de l’information »
Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, a exprimé son inquiétude face à la détérioration de la situation sécuritaire au Sahel, craignant que cette région ne devienne un « trou noir de l’information ». Il a souligné l’importance des radios communautaires dans cette partie du continent, qui diffusent des nouvelles locales sur des sujets essentiels tels que la santé, l’éducation et l’agriculture. Ces radios jouent un rôle crucial, notamment dans les zones reculées où l’accès à l’information est déjà limité pour des raisons matérielles, sécuritaires et politiques.
Un rôle vital dans les zones de conflit
Les radios communautaires, souvent la seule source d’information fiable dans les zones touchées par la propagation djihadiste et les violences armées, sont devenues une cible pour les groupes armés. Présentes au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Tchad, elles subissent des pressions croissantes. Les journalistes locaux rapportent des cas d’intervention directe de ces groupes pour influencer ou censurer les contenus diffusés. Parfois, ces groupes armés prennent même le contrôle des antennes.
Assassinat et menace des journalistes communautaires
Les journalistes travaillant pour ces radios sont souvent en première ligne des violences. Sadibou Marong a décrit la situation dramatique au Tchad, où des journalistes ont été retrouvés chez eux et tués pour avoir couvert des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Dans ce contexte, RSF a critiqué « l’incapacité » des États à assurer la sécurité de ces journalistes, qui se retrouvent de plus en plus isolés et vulnérables.
Conclusion : Sauver l’information au Sahel
L’appel des radios communautaires d’Afrique de l’Ouest et de RSF souligne l’urgence de protéger les journalistes opérant dans le Sahel, sans quoi la région risque de devenir une zone totalement privée d’information indépendante. Alors que ces médias jouent un rôle indispensable pour les populations locales, l’inaction des États face à la violence croissante menace non seulement la liberté de la presse, mais également l’accès à des informations vitales pour des millions de personnes. Une mobilisation internationale est nécessaire pour garantir la sécurité des journalistes et maintenir un flux d’information dans cette région en crise.
