RDC : François Beya, ex-conseiller de Tshisekedi, définitivement acquitté

RDC : François Beya, ex-conseiller de Tshisekedi, définitivement acquitté

Un verdict attendu après trois ans de procès

En République démocratique du Congo, la Haute Cour militaire a rendu son arrêt dans le procès de François Beya, ancien conseiller spécial en matière de sécurité du président Félix Tshisekedi. Poursuivi pour complot contre la vie du chef de l’État et incitation des militaires à commettre des actes contraires à la discipline, il a été définitivement acquitté ce 21 août 2025.
Arrêté en février 2022, il avait passé sept mois en détention avant d’obtenir une liberté provisoire pour raisons médicales, suivie d’une évacuation en France.

Les juges rejettent des preuves jugées « non probantes »

Selon la cour, l’accusation reposait sur une « juxtaposition de faits isolés et sortis de leur contexte », et ne constituait pas des éléments suffisamment solides pour établir sa culpabilité.
Le ministère public s’appuyait notamment sur des enregistrements audio et des témoignages de collaborateurs, mais ceux-ci ont été rejetés. Ses co-accusés ont eux aussi été acquittés, à l’exception de deux officiers supérieurs condamnés à 17 mois de prison pour violation de consignes, une peine déjà purgée.

Une affaire politique très commentée

L’acquittement confirme les critiques formulées depuis le début du procès par plusieurs figures de l’opposition, dont Claudel Lubaya, qui dénonçait des accusations « farfelues et infondées ». Pour lui, ce procès illustrait la manière « légère » dont certaines affaires sensibles sont traitées au sommet de l’État.
De son côté, la présidence congolaise avait initialement présenté l’arrestation comme une réponse à une menace sérieuse contre la sécurité nationale, renforçant ainsi le caractère hautement politique de l’affaire.

François Beya, figure centrale du renseignement congolais

Avant sa chute, François Beya était considéré comme un maillon essentiel de l’appareil sécuritaire congolais. Ancien homme fort du système Kabila, il avait su maintenir son influence sous Tshisekedi grâce à ses réseaux et son rôle de médiateur discret.
Son arrestation en 2022 avait provoqué une onde de choc, d’autant plus que des manifestations avaient éclaté devant le siège de l’UDPS, parti présidentiel, certains militants évoquant un coup d’État avorté.

Un procès à rebondissements

Le procès, ouvert en juin 2022, avait été marqué par de multiples tensions : contestation de la compétence de la Haute Cour militaire, retrait de la défense pour dénoncer une justice partiale, et pressions politiques en coulisses.
En août 2022, bénéficiant d’une liberté provisoire, François Beya s’était envolé vers l’Europe, loin des projecteurs. Son acquittement, trois ans plus tard, ne signifie pas pour autant un retour immédiat en grâce, même si certaines sources évoquent un possible rapprochement avec le pouvoir.

Conclusion

L’acquittement de François Beya met fin à un long feuilleton judiciaire qui aura marqué la scène politique congolaise. Considéré comme un pilier du renseignement et acteur clé de la sécurité nationale, son procès avait alimenté de nombreuses spéculations sur des rivalités internes au pouvoir. Si cette décision judiciaire rétablit son honneur, elle laisse aussi en suspens une question essentielle : quelle place François Beya pourra-t-il encore occuper dans le paysage sécuritaire et politique de la RDC ?

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